BYBS N°69 > GAMEPLAY > RESIDENT EVIL 5


Source : www.playfrance.com
Développeur : Capcom
Distributeur :
Capcom
Genre :
Action
Nb de joueurs :
1-2
Online :
Oui

Annoncé depuis des années maintenant, le cinquième volet chiffré de la série culte Resident Evil est enfin disponible. Mais que vaut vraiment ce premier épisode en haute définition ?
La série des Resident Evil fait partie de ces rares séries cultes qui génèrent toute une mythologie autour de ses personnages et de son histoire s’étalant sur plusieurs générations de consoles. C’est vrai, depuis la fin de Resident Evil 2 en 1998 nous sommes toujours sans nouvelle de Sherry Birkin, la fille du savant fou responsable des évènements de Racoon City. Depuis Février 2000 nous sommes toujours sans informations sur le futur de Jill Valentine après son évasion de cette même Racoon City à la fin de Resident Evil 3 : Nemesis. Que dire alors de Carlos Oliviera, de Barry Burton, de Rebecca Chambers, de Hunk et même de Steve Burnside dont la dépouille fut récupérée par le traitre Albert Wesker pour diverses expériences sur le virus T-Veronica. La liste des personnages à exploiter est encore longue pour Capcom. Après Léon S. Kennedy et son come back dans Resident Evil 4, c’est un autre vieux de la vieille que l’on retrouve dans ce nouveau volet : Chris Redfield. Le membre de l’unité d’élite S.T.A.R.S que l’on découvre pour la première fois en 1996 dans le premier jeu de la saga.

Ceux qui attendaient ce cinquième volet comme un retour aux sources vont rapidement être déçus : le jeu est calqué sur les mécanismes de Resident Evil 4. Du précédent volet, on retrouve dans celui-ci la même vue à la troisième personne dans un univers entièrement en trois dimensions, la caméra placée derrière le héros, sans angles de caméras fixes travaillés pour placer un climat d’angoisse. Le système de visée est donc strictement le même : une pression du bouton L1 et notre personnage dégaine son arme, le joueur profite alors d’une caméra à l’épaule pour ajuster son tir et tenter un headshot. Le système de combat autorise toujours l’alternance entre armes à feu et couteau d’une simple pression (sans passer par l’inventaire) pour casser des tonneaux ou des caisses, ou pour achever un ennemi au sol. La portée de notre lame est d’ailleurs ridicule et son utilisateur ne fait que balayer l’espace devant lui avec au lieu de la planter dans un corps. Autant dire que son intérêt au combat est limité aux ennemis au sol et devant les fenêtres. Le système de combat n’a d’ailleurs pas bougé d’un iota et l’on retrouve également les coups de pieds et coups de poings à placer en plein visage lorsque l’ennemi se met à vaciller : il faut alors lui foncer dessus et presser rapidement le bouton Carré pour lui décocher un uppercut en pleine mâchoire.

L’héritage du précédent volet se retrouve également dans les situations, souvent déjà vues : on se retrouve de nouveau à donner un coup de pied dans une porte pour la dégager, à faire tomber les échelles (bien que les ennemis soient plus réactifs cette fois) pour éviter les ennemis lors des scènes de siège, à tirer sur un véhicule qui fonce sur nous, à sniper des ennemis lointains ou protégés derrière des boucliers ou à jouer du Quick Time Event en pleine cinématique. Ceux qui ont adoré les aventures de Léon S. Kennedy aimeront donc forcément celles de Chris Redfield (l’effet de surprise en moins), alors que les détracteurs ne seront toujours pas réconciliés avec la série.Resident Evil 5 est un jeu qui divise, c’est un fait. Si certains restent admiratifs sur ses qualités globales, on ne peut que pester contre certains partis pris. Le premier écueil concerne la maniabilité qui peine à entrer dans le XXIème siècle : les personnages sont toujours aussi rigides dans leurs déplacements. Les déplacements voient apparaitre un système de pas de côté en orientant le stick analogique de gauche vers la droite et la gauche alors que le stick de droite sert à déplacer la vue et donc à orienter les directions des déplacements. Le fait est qu’en pleine course, lorsque l’on tente un virage à 90°, le personnage stoppe sa course pour se réorienter dans la bonne direction. Un peu étrange. Le système de visée, bien que justifié par les développeurs pour mettre la pression aux joueurs, n’autorise pas de tirer en mouvement. Mais ou est donc passé l’excellent système d’esquive de Resident Evil 3 ? Un système de visée archaïque qui tranche avec le récent Dead Space dans lequel on pouvait se déplacer, tirer en même temps et mouiller son pantalon.

Si le jeu possède deux protagonistes, ce n’est pas sans raison. Le soft est entièrement jouable en coopération en écran splitté ou directement en réseau. Forcément, le mot coopération signifie qu’il faut unir ses forces pour survivre. Pourtant le jeu nous met des bâtons dans les roues : le système d’échange (inspiré de celui de Resident Evil Outbreak) ne permet pas de choisir le nombre d’items à donner à son partenaire. Si par exemple je décide de donner des cartouches de pistolet à Sheva, je donnerai tout simplement mon stock de munitions à ma partenaire pour me retrouver à sec à mon tour. C’est malin ! Ce principe, simplement délirant, est carrément gênant si Sheva prend une arme dont Chris à finalement besoin par la suite.

Par ailleurs, la boutique ambulante du précédent volet a disparu pour être remplacée par une boutique de début de niveau. En clair, c’est uniquement avant de commencer un chapitre que l’on peut faire des achats, améliorer ses armes et modifier son inventaire. Ce menu n’est pas jamais accessible en cours de partie, à moins de mourir. Jouable en solitaire, en coopération en écran splitté et en réseau, Resident Evil 5 reste un monument de l’action sur PlayStation 3. Le jeu en solo se heurte à une intelligence artificielle forcément moins inspirée que celle d’un humain. Même si globalement Sheva s’en sort honorablement, elle n’est pas exempte de bêtises : elle est du genre à gâcher des balles, à rester à côté d’un bidon explosif que l’on vise etc. En contrepartie, elle veille sur Chris et fait souvent diversion.

Résolument tourné vers l’action, Resident Evil 5 abandonne les énigmes qui faisaient le charme de la série. Les joueurs seront donc servis par des scènes cultes et variées où les hordes d’ennemis fondent sur notre duo : il faut se couvrir mutuellement, aider l’autre lorsque c’est indiqué à l’écran et lui donner une bonne décharge d’adrénaline lorsqu’il ou elle est mourant(e). Les combats contre les boss de fin de chapitre sont toujours un grand moment de jeu vidéo. La peur n’est plus là mais le plaisir si.

La réalisation graphique y est pour beaucoup : les graphismes sont fins, détaillés, colorés et ensoleillés – le jeu se déroule pratiquement exclusivement en journée – même si l’absence d’un moteur physique se fait parfois ressentir. Les décors sont variés : des docks aux marais en passant par une mine ou un village délabré et bien d’autres.

Les plus
• L'aventure à deux
• La réalisation magistrale
• Long et prenant

Les moins
• Prise en main vieillotte
• Parti pris pour l'action
• Absence totale de peur

Graphismes : 9/10
Jouabilité : 7/10
Son : 8/10
Durée de vie : 8/10
Scénario : 8/10
Total : 8/10
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