BYBS N°61 > GAMEPLAY > NEED FOR SPEED "UNDERCOVER Il n'est pas étonnant de retrouver la série des Need for Speed en cette année. En effet, depuis quelques temps et conformément à ce que l'on peut retrouver dans les jeux de sports désignés par leur date de sortie, ou presque, EA a pris l'habitude de faire paraitre un NFS par an. Ce qui n'étonne pas non plus, c'est qu'après avoir tenté de lifter en profondeur le gameplay des NFS l'an dernier avec l'épisode Pro Street, plus tourné vers de la semi simulation et de la course sur circuit fermé, EA revient à ce qui avait fait la force des précédents épisodes, la course "libre" !
On se souvient en effet sans mal de la bouderie des joueurs les plus férus de la série (moi même) face à Pro Street alors qu'il ne faisait pas figure de pire épisode. Mais que voulez-vous, difficile de faire changer les petites habitudes de tout un chacun. Need For Speed Undercover, c'est son nom, nous ramène donc de façon abrupte vers les fondamentaux de la série. Les courses en ville, les voitures tunnées à mort, les concurrents pas très catholiques et des poulets dont les graines ont du être franchement mauvaises pour les retrouver d'humeur si chafouine. Dommage que le joueur lui aussi soit chafouin...
Comme son nom nous le fait pressentir dès le début, Need For Speed Undercover invite le joueur à se faire un nom sous couverture. J'en vois déjà à l'esprit mal tourné se dire que ce jeu est fait pour eux, mais la couverture dont il s'agit n'a rien d'une épaisse fourrure recouvrant un matelas confortable. Non, ici, vous, le héros, jeune blanc-bec, êtes chargé d'une mission hautement secrète et totalement confidentielle. À la manière de nombreux films hollywoodiens comme un certain "To Fast and tout n'importe quoi", vous êtes un agent qui cache son identité pour parvenir à ses fins.
À vous donc de démanteler un réseau mafieux en prenant part à des courses aussi undergroud que votre couverture. On revient donc clairement vers les précédents opus que sont Most Wanted et Underground. Le hic là dedans, c'est que même si l'on est pas forcément venu vers ce soft pour avoir droit au dernier scénario qui tue, on aurait au moins aimé qu'il fusse proposé sous des formes moins ridicules que ce qui nous est montré. À nous donc les nanars de série Z pour les clichés du même niveau.
Les acteurs censés habiter leur personnage sont en fait des falots bien maladroits et peu en verve tant et si bien que chaque cut-scène vous informant de la progression de votre enquête tient plus de Benny Hill ou Mister Bean que de Bullit ou Inspecteur Harry. Bref, ce n'est pas très sérieux et pour tout vous dire, on s'en serait fortement passé. Les petites frappes peuplant les courses auraient suffit à faire monter le taux de testostérone et une masculinité de rigueur, avant que les jeune filles aussi siliconées qu'à l'habitude apparaissent, sans qu'on arrive à un scénario aussi plat.
Et si le scénario aurait pu nous faire penser que les développeurs s'étaient concentrés sur le cœur du jeu pour nous produire un soft de tout premier ordre, le retour à la réalité est on ne peut plus rapide et douloureux. Une fois passées les deux trois cinématiques moisies donc, à nous les joies de la conduite ultra irréaliste de ce soft. Oh bien sûr, rien de nouveau, mais sincèrement, autant vendre dans la même boite une manette avec un seul bouton pour accélérer tant le frein fait office d'option de série. Allez, des fois il faut un peu le relâcher sinon on frotte dans le virage à 180 ° ! Si le fait de maintenir appuyé un seul bouton pendant une dizaine d'heure ne vous pose pas de problèmes, c'est que ce jeu est fait pour vous. Pour le reste, tourner et éviter quelques collisions devraient suffire à vous permettre de remporter la totalité des courses.
Les adversaires donc, ils sont tout simplement d'une grande faiblesse. Rarement on aura réussi à les planter aussi facilement et aussi rapidement. En fait, on profite de l'arrière de leur véhicules en deux occasions : au démarrage et au premier virage. Ensuite, on utilise la vue arrière pour se sentir moins seul. D'ailleurs coté solitude, les gens qui ont développé ce soft doivent habiter une tranquille bourgade du fin fond de l'Alaska pour croire qu'une ville dense contient moins de dix véhicules. MAIS, ils ont eu la bonne idée de faire en sorte qu'à chaque tour on croise les mêmes voitures pour ne pas que l'on déprime sans doute. Même si vous pouvez parcourir librement la grande ville de Tri-City, ça ne vous servira en rien pour avancer dans le jeu, car dans cette ville, il n'y a ...rien. Vous ne pouvez pas vous rendre à vos épreuves en étant guidé par votre GPS, ni rentrer dans votre garage, rien du tout, pour faire tout cela, il vous suffira de sélectionner l'épreuve ou la planque sur la carte de la ville et vous y serez "téléporté". Où est alors l'intérêt de la ville ouverte à part provoquez quelques poursuites avec les forces de l'ordre ? En tout cas ce ne sera pas pour interagir avec les citoyens de la ville, ceux-ci ne sortant jamais de chez eux.
En fait, seule la police parvient à nous extraire de notre torpeur. C'est peut être d'ailleurs la première fois qu'on a été aussi heureux de croiser autant de mecs en uniforme de toute notre vie. Car les poursuites avec la police sont LE bon moment de ce titre. Les semer reste réalisable mais au mois a-t-on l'impression que les gars qui vous suivent ne sont pas des manches. À vous de détruire un petit peu le mobilier urbain pour les contrer et vous planquer jusqu'à l'heure de l'apéro. Fini donc les flics qui s'envolent au moindre contact, et les bourdes constantes, ceux d'Undercover sont nettement plus intelligents que les précédents, même si leurs barrages sont parfois placés de manière pas très intelligentes et el fait que l'on peut parfois passer à toute vitesse devant eux sans qu'ils relèvent la moindre infraction. Mais la chose sur laquelle je voudrais insister, ce sont les stops-poursuites (éléments destructibles du décor stoppant les flics à vos trousses). Ils n'ont toujours pas étés améliorés depuis les précédents épisodes, les deux principaux défauts sont toujours là, à savoir: Les stops-poursuites stoppent aussi les voitures qui les évitent, ce qui est très bizarre, et ils font l'objet d'un défaut des plus énervant :
Lorsqu'un stop-poursuite est utilisé, une cinématique s'enclenche, pendant laquelle vous pouvez admirer les effets de votre passage, et vous reprenez le contrôle de votre véhicule une centaine de mètres plus loin, ce qui ne pose aucun problème quand les 100 prochains mètres sont dégagés, mais lorsqu'il y a pleins de herses, c'est une autre histoire, et vous ne pourrez que regarder avec impuissance votre véhicule rouler sur les herses.
Si les poursuites ne sont pas de tout repos et proposent souvent un défi relevé pour peu qu'on la fasse durer un peu, on ne peut pas en dire autant des épreuves proposées en carrière qui sont d'une simplicité déconcertante. Il faudra atteindre au moins les 60% de la carrière pour percevoir un petit peu de challenge dans les courses, que quelques améliorations sur les performances de votre voiture auront bien fait d'effacer.
Bon, là vous vous dites, ok, on s'est noyé avec le scénario et on a touché le fond avec la jouabilité mais au moins maintenant on ne peut que remonter avec la réalisation. Si on aurait pu le penser en prenant en compte la bande son, la partie graphique elle vient nous laisser croire que l'on avait envie chez EA d'avoir des réductions dans le forage ou le BTP tellement cette partie enterre un peu plus nos illusions. Evidemment ce n'est pas moche, loin de là, surtout que la beauté est toute subjective. Il faut tout de même prendre en compte le fait qu'il s'agit d'une ville pas si mal modélisée et aux formes cohérentes. En outre, les dizaines de véhicules customisables viennent au secours de l'ensemble. Côté tuning, tout est simplifié, fini les petits détails, place à l'efficacité : on ne change que les parties principales des voitures. Côté performances, il est possible de monter des kits tout prêts (tourisme, course ou pro) pour ne pas à avoir à installer successivement les pneus, puces, turbo, nitro et tutti quanti ! Bref, tout est fait pour que celui qui n’est pas intéressé par la mécanique passe le moins de temps possible à l’atelier. Tout ce que vous mettrez sur votre voiture doit être acheté avant d'en voir le rendu sur votre véhicule, ceux qui ont l'habitude d'essayer 40 vinyles avant de se décider le paieront cher ! On est donc loin de ce que peut proposer un Midnight CLub Los Angeles par exemple.
Mais ce jeu comporte autant de lèvres collagènes que de bugs, c'est donc vous dire le niveau de qualité de l'ensemble. À la volée, on citera quelques approximations comme des collisions erratiques, des déformations mystiques avec des éléments qui parviennent à rester intacts, un aliasing aussi prononcé que l'on s'est demandé si l'on avait mis la bonne résolution mais surtout des sauts de framerates hallucinants. Bien souvent, on se retrouve donc en pleine panique alors que l'écran se met à laguer et que l'on tente de tourner et de retrouver ses commandes. Apparemment le jeu a misé la carte des reflets en abondances. Une fausse bonne idée, en effet, vous verrez des reflets partout, sur les carrosseries des voitures, mais également sur le sol, pourtant parfaitement sec, on savait déjà qu'on aurait droit à de la publicité ingame, mais on sait désormais que Monsieur Propre est dans le coup.
Sur ce point, on se demande vraiment comment cela est possible que de telles erreurs soient encore contenues dans un jeu en aujourd'hui. Si quelqu'un a la réponse qu'il n'hésite pas à se faire connaitre... La bande son pour sa part permet de ne pas tout jeter puisqu'elle se montre, comme souvent avec EA, d'une très grande qualité coté musiques et tout aussi bonne pour les voix et les bruitages en général. "Vroum vroum" et autres crissement de pneus devraient suffire à votre bonheur, surtout en entendant les policiers désespérés dans leur radio d'avoir perdu votre trace.
Si d'aventure Need For Speed Undercover laisse une trace dans l'histoire du jeu vidéo, ce sera avant tout en tant qu'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Des bugs en veux-tu en voilà, une trame finalement inutile mais tellement ridicule qu'elle irrite, une IA sous calibrée sauf pour les flics et un gout amer dans la bouche à l'issue de ce qui reste une mauvaise blague.
Les plus :
Les musiques et effets sonores
De nombreux véhicules
les moins :
Trop de bugs
Graphisme baclé
Scénario médiocre
Peu de traffic
Courses trop faciles
Graphismes : 6/10 - Jouabilité : 7/10 - Son : 8/10 - Durée de vie : 6/10
Total : 6/10