BYBS N°62 > GAMEPLAY > CRYSIS

Développeur : Crytek
Distributeur : Electronic Arts
Genre : FPS
Nb de joueurs : jusqu’à 32 joueurs en ligne
Config conseillée : Windows XP/Vista, proc. 2,8 Ghz (3,2 Ghz sous Vista), 1 Go de Ram, carte graphique 6800 GT ou supérieure, 14 Go d’espace libre sur le disque dur

Fin 2007, Crysis avait laissé une marque indélébile dans les mémoires des joueurs PC. Tous ceux qui y ont joué en ont eu de fortes opinions. Soit, ils ont pleuré devant la qualité exceptionnelle de ses graphismes et son gameplay terrifiant et non-linéaire. Soit ils ont pleuré parce qu’ils ne possédaient pas la machine de guerre capable de faire tourner le jeu correctement. Cette année avec Crysis Warhead, EA nous livre une extension en stand-alone, plus orientée vers l’action mais qui garde le charme du premier opus mais tout en y incluant quelques ajouts intéressants. Tout cela suffira-t-il pour lui assurer le succès ?

Dans Warhead, Psycho doit stopper une opération spéciale de l’armée nord-coréenne. Celle-ci tente de saisir et de sortir de l’île une sorte d’arme extra-terrestre confinée à l’intérieur d’un container que des archéologues américains ont découvert dans le premier opus. Tout au long du scénario, Psycho reste en contact avec son ami pilote nommé O’Neil, avec qui il partage un passé militaire obscur. Il croise également un commandant Nord-coréen qui ira même jusqu’à le torturer au tazer, et ce malgré la Convention de Genève. Si tous ces éléments qui ont fait le succès du jeu original se retrouvent dans le scénario, on regrette qu’ils ne soient pas distillés assez correctement au joueur pour lui donner un sens concret et logique (surtout quand la fin nous laisse en plus une nouvelle fois un sentiment d’inachevé).

Mais point plus marquant, Psycho ne semble pas plus que ça secoué par les événements qui se passent sur l’île, un peu comme si il était extérieur à l’histoire. Le fait que tout se retrouve mystérieusement gelé ou l’apparition d’extraterrestres ne lui tire même pas une ligne de dialogue. Pas même un « tiens, il fait froid d’un coup ! » ou « tiens, des extraterrestres, c’est quand même bizarre ça ! ». Vous me direz, c’est un soldat, il en a vu d’autres et il peut donc se la jouer blasé, mais quand même, de l’inattendu de cette taille, ça surprend quand même un minimum. Lui non. D’autant que ceux qui n’auront pas joué à Crysis risquent de se retrouver un un peu perdus dans le scénario, puisque ces éléments n’y sont pas expliqués.

Côté technique, Warhead reste dans la magnificence de son prédécesseur. Les graphismes sont splendides. Les décors de l’île sont parfaitement rendus et avec encore plus de détails, c’est à s’en décoller la rétine. Les phase de jeu dans la glace, qui étaient déjà satisfaisantes dans le titre original sont d’un réalisme d’un soucis du détail poussés au paroxisme. Telle la flotte de vaisseaux de l’armée américaine prisonniers au milieu des creux de vagues gelées. L’effet « gel instantané », que l’on doit aux extraterrestres, est saisissant de beauté.

Au niveau de la bande-son, Warhead est plaisant. On passera sur le doublage français médiocre et qui manque de conviction, voire pire, surtout celui de Psycho qui donne l’impression qu’il est sans arrêt au bord des larmes comme s’il avait des punaises coincées dans les bottes de sa nano-combinaison. La musique, par contre, est grandiose. Elle s’intègre parfaitement à l’action et ajoute parfois un côté épique au jeu, comme dans le niveau final par exemple. Un côté théâtral et hollywoodien des plus grisant.

On relève malgré tout quelques bugs, quelques crashs avec retour sur le bureau, ou un freeze... mais rien de bien méchant et qui ne manquera pas d’être rapidement corrigé par patch. Le moteur graphique de Warhead permet d’afficher à l’écran plus d’ennemis et de détails au sol à la fois, mais moyennant un clipping plus marqué. Il faudra, encore une fois, une machine de la NASA pour apprécier le jeu à un framerate correct. Si ce n’est pas le cas, les exigences ont été revues à la baisse pour Warhead et elles permettent quand même de le faire tourner sur des bécanes plus modestes, mais tant pis pour la beauté de jeu. Heureusement, les machines de gamers exigées pour un rendu optimum sont désormais beaucoup plus abordables. Avec une machine dernier cri, on se décroche les pupilles et on en prend plein les yeux avec les options graphiques toutes à fond (youhou!!).

Pour le gameplay, les principes du jeu original sont inchangés: le personnage dispose toujours de sa nano-combinaison pour accroître sa force, courir plus vite, absorber plus de dommages ou se rendre invisible. Mais Warhead oblige le joueur à un comportement beaucoup plus orienté vers le combat et l’action musclée. Tout d’abord parce que les ennemis sont beaucoup plus nombreux et ensuite parce qu’il en est plus facilement tenté puisque qu’il dispose de généreux stocks de munitions disséminés un peu partout. Ainsi que tout l’attirail du parfait démolisseur. En mode facile, les munitions sont d’ailleurs automatiquement récupérées par le joueur. De plus, Psyho peut utiliser deux pistolets ou mitraillettes légères en même temps et dispose d’un lance-grenade des plus convaincant qui fait passer Rambo pour un Bisounours. Aussi, un bon nombre de véhicules en tout genre n’attendent que le joueur qui en prendra les commandes. On ne fait pas dans la dentelle avec Psycho et on aime ça, ça soulage !

Quant à l’IA, elle a été quelque peu améliorée depuis Crysis. Sans être irréprochable non plus, elle est beaucoup moins scriptée et les ennemis démontrent un certain mordant. Ils se mettent à couvert plus volontiers, tentent de contourner le joueur, utilisent leurs armes de manière plus réfléchie. Bref, une IA encore améliorable mais déjà plus incisive et qui donnera bien plus de fil à retordre.

Le charme de Crysis tenait à ses niveaux très ouverts, laissant la possibilité au joueur de remplir sa mission de diverses manières possibles. Par infiltration, rapidité, camouflage ou combat direct, tous les ingrédients étaient présents pour satisfaire chaque façon de jouer selon ses envies. Cela donnait de grandes opportunités de rejouabilité au titre. Mais si EA promettait davantage de cette liberté d’action dans Warhead, en réalité seuls quelques niveaux sur les sept proposés s’avèrent finalement légèrement ouverts aux déambulations. Les pires moments de dirigisme se ressentent lors de la mission de la mine dont le level-design est simpliste au possible et la mission de protection du train, on ne peut plus linéaire. La durée de vie de Warhead s’en trouve cruellement limitée avec au final, à peine plus de six heures de jeu ce qui sera le le gros point noir de cet opus, dommage.

Crysis Warhead inclut en fait deux disques séparés. Le deuxième disque comprend le jeu multi qui s’intitule Crysis Wars. A côté des modes de jeu déjà existants (Deahmatch, Deathmatch en équipe, lutte de pouvoir, capture the flag...etc.), Crysis Wars offre un nouveau type: le Team Instant-Action. Mais au final rien de bien nouveau comparé au multi du premier Crysis. Crysis Wars contient 21 cartes mais 14 issues du jeu original, ne laissant donc que sept nouvelles maps.

Problème: même si Warhead contient les maps identiques à Crysis, les serveurs sont hélas incompatibles. Jouer à Warhead oblige à jouer sur les serveurs de Warhead et inversement avec Crysis. Surtout qu’il est déjà difficile de trouver une partie de qualité, avec un serveur au ping correct. On espère que ce problème sera vite résolu grâce à un patch de compatibilité.

Cependant, les nouvelles cartes sont intéressantes et bien conçues, on s’y retrouve vite et les chemins à emprunter sont intuitifs. Les équipiers réapparaissent proches les uns de autres pour que le combat reste toujours en mouvement sur la carte. Ce mode multi est encore plus amusant dans les maps avec véhicules surtout, où comme dans un Battlefield les combats deviennent épiques entre tanks, hélicos, ADAV et même l’infanterie qui malgré tout dispose d’armes anti-véhicule puissantes (lance-roquette et mines anti-char). Cela dit, le multiplayer n’offre pas le même plaisir que le jeu solo, on se dispute les stocks d’armes, ça tire dans tous les sens et les parties en équipe sur de petites cartes deviennent parfois compliquées. Surtout lorsque le nombre de joueurs est important, dans la mélée, il faut parfois prendre le temps de distinguer ses alliés des ennemis, or la moindre hésitation peut vous coûter la vie. Egalement, sur beaucoup de parties, les pouvoirs de la nano-combinaison se résumant bien souvent à n’utiliser celui du bouclier. L’utilisation d’une autre capacité implique assez souvent une fin tragique pour peu que le choix n’ait pas été judicieusement fait, surtout à temps.

Les plus :
graphismes toujours impressionnants
musique épique
plus d’action

les moins :
plus linéaire
scénario qui laisse une impression d’inachevé
plusieurs bugs et du clipping
incompatibilité entre les deux opus en multi
Graphismes : 9/10 - Jouabilité : 8/10 - Son : 9/10 - Durée de vie : 6/10 Scénario : 6/10
Total : 8/10
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